La vache ne sera pas pop. Elle sera gore. Toute l'équipe de création de Vache actuelle en convient. On ne rigole plus dans les abattoirs. Les images ne sont pas celles d'Heidi au Pays du beurre. Ou alors au pays du beurre rance et du steak avarié. La vache, c'est notre ressource. Je pensais qu'elle nous inspirerait quelque chose de festif. Hé bien non. Ce qu'elle nous dit de l'humanité n'est pas ragoûtant.
Tout ça me convient. Finalement, ça ressemble à ce que j'écris en temps normal. Mon constat sur la marche du monde est assez désespéré, donc méchant, sale. Je me pose juste la question de la réception future de ce spectacle. Et de comment assumer le fait de créer et de propager un univers poétique et des images plutôt monstrueux? On dit de moi que je suis un auteur mysogyne parce qu'il y a des scènes où des femmes se font quelque peu maltraiter. Ici, on me désignera peut-être comme quelqu'un d'encore plus puant, macho, raciste, primaire... Qu'importe, je ne suis pas ce que j'écris. Le monde est ce que j'écris, du moins c'est la matière première de mon écriture.