Il fait froid au Stand. Le public est assez frileux, souvent en assemblée confidentielle. Nous avons certainement prévu un trop grand nombre de dates à Moutier. Dix représentations avec une capacité de 250 places, c'est mission impossible. Néanmoins, ces relativement petites jauges de public constituent une sorte de banc d'essai. Elles nous donnent du recul et de l'élan, celui dont a besoin le boucher pour abattre sa lame sur un morceau récalcitrant. Alors on enlève la couenne, les nerfs et les abats pour présenter au public un morceau de plus en plus tendre. Digeste. C'est jouissif pour un auteur de trancher dans le lard après l'épreuve de la scène. Ce sera beaucoup plus délicat à avaler pour les comédiens et les techniciens qui s'adapteront. Nous cherchons à ce que cette vache accouche d'un veau de compétition.