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Dans le Montreux – Oberland Bernois, une des plus belles lignes d'Europe – n'est-elle pas d'ailleurs classée au patrimoine mondial de l'UNESCO ? – j'ai récupéré une édition du journal Le Temps, celle du mardi 9 janvier. Un article analyse la saga médiatique orchestrée autour de Natascha Kampusch, l'adolescente autrichienne qui s'est évadée dernièrement des griffes de son ravisseur après 8 ans de captivité.
La victime est une vache à lait extraordinaire. Des tabloïdes de l'Europe entière font de la surenchère pour obtenir une entrevue exclusive. On propose à celle qui se comporte désormais comme une petite princesse, des cachets qui dépassent souvent les 100'000 Euros. Entre 30 et 40 demandes ont été adressées à son agent pour écrire la biographie de l'ex-otage, sans compter les propositions de scénarii. Des journalistes britanniques ont précédé tout le monde en rédigeant, sans le consentement de l'intéressée, une biographie basée sur des simples rumeurs et des fantasmes. Il paraît même que des badeaux, après son évasion, tentaient de soudoyer le personnel soignant pour obtenir une photo exclusive.
Au delà de la sensation du fait divers, c'est cette hystérie médiatique qui m'intéresse. Et j'y participe moi aussi. Je fais de Natascha Kampusch la vache à lait du Projet Vache. Et j'appose à la victime son contraire, la tortionnaire Lyndie England, la grande méchante d'Abu Graïb, icône derrière laquelle on a occulté tout le reste. Elle aussi, si elle digère bien sa condamnation, pourrait tout à fait rentabiliser son séjour en prison en vendant son témoignage à des paparazzi. Des auteurs s'y sont déjà intéressés, pas très loin d'ici d'ailleurs (cf La femme qui tenait un homme en laisse, d'Yves Robert, www.puloff.ch )

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